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Lutte contre les maladies tropicales négligées: Dr Michel Sidibé appelle les médias à briser le cycle du silence

« Un micro peut sauver autant de vies qu’un médicament. Une caméra peut faire reculer la stigmatisation. Un article peut provoquer une décision politique. Mettre une MTN à la une, c’est déjà commencer à l’éliminer », a déclaré Dr Michel Sidibé à la clôture du 4ème Forum des médias pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN).

Dr Michel Sidibé (envoyé spécial de l’Union africaine pour l’agence africaine pour le médicament) est le parrain des Awards du REMAPSEN.

De l’ombre à la lumière : une stratégie de visibilité

Pour le parrain de cette édition, l’élimination de ces pathologies ne se joue pas uniquement dans les laboratoires, mais aussi dans les rédactions. « Mettre une MTN à la une, c’est déjà commencer à l’éliminer », a-t-il affirmé, exhortant les journalistes à briser le cycle de l’oubli.

Selon le Dr Sidibé, une maladie devient « négligée » dès lors que le silence s’installe. À l’inverse, elle recule dès qu’elle devient une « indignation publique ». Cette transition de l’ombre vers la lumière n’est pas qu’une image, c’est une véritable « stratégie africaine pour vaincre l’injustice sanitaire ».

Le REMAPSEN : un réseau d’impact

S’adressant aux membres du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), l’ancien diplomate onusien a salué leur engagement : « Vous ne produisez pas seulement de l’information, vous fabriquez de la conscience. Vous transformez la science en responsabilité citoyenne. »

Il a défini le travail journalistique comme un acte de résistance morale, où la plume devient une arme contre l’injustice et le micro, un outil de guérison collective. Pour lui, les professionnels des médias sont des alliés stratégiques indispensables pour amener les décideurs à inscrire les MTN au rang des priorités nationales.

Le Prix Michel Sidibé : le sacre du courage

Le forum s’est achevé par la remise des « Awards du REMAPSEN », dotés du prix Michel Sidibé. Plus qu’une distinction de carrière, ces prix célèbrent le courage de regarder là où personne ne regarde et de transformer la douleur silencieuse d’un village oublié en une urgence politique.

« Ce que l’on éclaire, on peut le vaincre. Ce que l’on ignore, on le condamne », a rappelé le Dr Sidibé.

L’indignation comme moteur de changement

En conclusion, le parrain a insisté sur le fait que les médicaments seuls ne suffiront pas. Les MTN disparaîtront véritablement le jour où :

  • Un journaliste décidera qu’un cas oublié mérite la « Une » ;
  • Une rédaction imposera un débat national sur le sujet ;
  • L’opinion publique décrétera que cette souffrance est inacceptable.

Recevoir ou décerner ce prix, c’est avant tout accepter la responsabilité de ne plus jamais laisser une maladie être négligée par manque de voix. FIN

Ambroisine MEMEDE